Coloriste BD, c’est quoi ?

Vous vous posez plein de questions sur le métier de coloriste de BD ? Je n’ai pas la science infuse, mais je vais tenter de répondre comme je peux… Si vous ne trouvez pas les infos que vous cherchez, contactez moi !

 

Je rêve de faire ce métier ! Comment faut-il s’y prendre ?

Il n’y a pas (ou rarement) de miracle : il faut travailler ! Tout le temps, tous les jours ! Surtout ne pas baisser les bras à  la première contrariété. Les éditeurs reçoivent des tonnes de propositions et deviennent de plus en plus exigent, un refus n’annonce pas la fin d’une carrière.

Pourquoi faire ses couleurs à l’ordinateur et pas de manière traditionnelle (encres, gouaches, écolines, etc…) ?

Il faut arrêter les préjugés: les couleurs faites l’ordi, ce n’est pas froid ni sans âme ! OK, certaines BD donnent cette sensation, mais c’est qu’on utilise mal les outils, ou que vous avez lu une BD du début des années 90 (ou Megalex).

Actuellement, on arrive à  obtenir un résultat net et précis grâce aux machines. On peut aussi bien “imiter” un style de mise en couleurs comme avec des encres. Bref, c’est un outil formidable qui évolue tout le temps au gré des logiciels. On n’est pas près d’en voir le bout !

De plus, les éditeurs cherchent principalement des couleurs sur support numérique. C’est un gain de temps énorme dans le processus de fabrication d’un album. Avoir tout un album en fichiers informatiques facilite le traitement pour le mener jusqu’à l’impression. Et en faisant les bons réglages couleurs sur son écran, on est sûr à  95% que ce qui est affiché à  l’écran sera imprimé tel quel sur papier.

Comment mettre en couleur une BD?

Il n’y a pas de bible de la mise en couleurs d’une BD. Il faut avant tout voir la planche comme un ensemble et rester cohérent. Des teintes qui partent dans tous les sens vont piquer les yeux et ne plus donner l’envie de continuer à lire son bouquin ! Savoir bien mettre en valeur les choses essentielles dans une planche, comprendre le récit ou le gag et le servir au mieux, c’est là  le plus important.

Pour approfondir la question, je vous renvoie vers le livre “La Colorisation des planches” de Jean-Marc Lainé et Sylvain Delzant paru chez Eyrolles auquel j’ai participé avec d’autres coloristes dont Geyser, Pat Dumas, Cyril Saint-Blancat, Usagi, Fabien Alquier, Seb Lamirand, etc.
Le livre explique pas à pas comment procéder, de la numérisation aux techniques de couleurs, accompagné des nos témoignages.

La colorisation des planches de BD - le livre qui explique comment on colorie des BD par ordinateur


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Quelles études existe-t-il pour devenir coloriste de BD ?

Il n’y a pas d’école spécifique pour la mise en couleurs. Pratiquer beaucoup de BD, plein d’infographie… ou l’inverse, je ne sais pas bien… Tous les enseignements qui touchent aux secteurs graphiques sont bons (avec tout de même une préférence pour les études dirigées vers la BD)

Pour “apprendre” la BD, il y a St Luc Bruxelles, Liège ou Tournai, les académies des Beaux-Arts, l’école d’Angoulème, les Gobelins à Paris, Emile Cohl, les cours du soir dans différentes communes, les ateliers de vacances,etc.
Pour l’infographie, il y a encore St Luc, la haute école Albert Jacquard à Namur, Supinfocom à Valenciennes, les cours de promotion sociale,… Tout est bon ! Ces leçons serviront à un moment ou un autre. Si pas directement, de manière inconsciente. Les forums internet sont de très bonnes écoles aussi. DeviantartCafé Salé, ouvrir son blogs… Tout ça permet de se faire la main, d’avoir éventuellement des propositions de collaborations, des dessins noir et blanc à disposition pour s’entrainer, de nouer des contacts et d’avoir des conseils pour avancer et évoluer.

Quel matériel faut-il pour réaliser une mise en couleur de BD par ordinateur ?

  • un ordi (Mac ou PC, c’est pareil !),
  • un clavier (pour les raccourcis des outils)
  • un bon écran (ou 2 pour avoir un bureau étendu (on dispose sa planche sur un écran et ses outils sur l’autre)
  • un (ou plusieurs) logiciels comme Adobe Photoshop ou Corel Painter qui sont les plus répandus et les mieux adaptés au dessin. 90% des coloristes utilisent Photoshop, et pas forcément le plus récent.
  • Le compagnon indispensable, c’est la tablette graphique ! Un stylo numérique qui remplace la souris pour être nettement plus précis qu’avec un mulot, c’est vraiment une souplesse inégalée.
    La marque de référence est Wacom.
  • Très facultatif (mais vachement pratique si on peut en avoir une) : Une sonde de calibration d’écran. Ce “boitier” vous permet d’optimiser l’affichage chromatique de votre écran. Indispensable pour avoir un bon rendu des couleurs et éviter les mauvaises surprises à l’impression. Mais on peut très bien faire les réglages soi même à l’oeil, ce n’est pas interdit

Mon matos : je travaille sur plusieurs machines selon l’endroit d’où je travaille.

  1. PC monté moi même- processeur DualCore 2 Duo E7400
    Windows XP SP3
    4 Go mémoire RAM
    carte graphique Nvidia GeForce 7800 256Mo
    disque dur S-ATA II 500 Go
    Ecran Dell  ST2010 20 pouces Wide
    clavier bas de gamme de chez Vandenborre
    tablette Wacom Bamboo fun Pen & Touch taille M
  2. PC portable Dell Sutdio 15 (pour les déplacements)
    Windows 7
    4 Go mémoire Ram
    Carte graphique embarquée 256 Mo
    disque dur S-ATA II 320 Go
    tablette Wacom Bamboo fun Pen & Touch taille M
  3. Mac Pro Intel Quad Core (machine principale)
    Mac OS X Snow Leopard
    6 Go ram
    Carte graphique 512 Mo
    2 disque dur S-ATA II 500 Go + 250 Go
    écran Iiyama 24″
    clavier Apple
    tablette Wacom Intuos 3
Ajouter à ça un disque dur externe USB de 500 Go pour sauvegarder tr

Combien de temps faut-il pour faire une planche ?

Tout dépend du type de BD à faire et du degré de complexité du dessin. Une BD réaliste peut prendre plus de temps qu’une BD humoristique… Et encore, on peut mettre plein de détails de couleurs dans une page unique à gag…
Bref, difficile de donner un timing bien précis, c’est vraiment en fonction de chacun et en fonction des délais parfois !
Il m’arrive de faire 3 à 4 pages par jour. C’est assez rare et je suis sur les rotules après un tel marathon.
Pensez aussi que les dessinateurs aiment bien travailler sur le fil niveau timing ! Le cliché des dessinateurs toujours en retard peut se vérifier dans certains cas. On accorde plus souvent des retards aux dessinateurs mais moins au coloriste qui doit récupérer le retard accumulé ! C’est rare, mais ça peut arriver.

Niveau tarif, combien on gagne ?

Généralement, le coloriste est payé à un prix fixe par planche. Aucun éditeur n’emploie d’auteur comme salarié.
Pour vous donner une idée, les premières planches que j’ai réalisées en 2000 m’étaient payées 55€ brut. C’est un tarif très très bas (que je ne pratique plus).
Ce tarif varie selon l’expérience qu’on a et le type de boulot qu’on propose de faire (bd d’humour, réaliste, illustration, petit magazine, matériel de communication, gros éditeur, BD à licence, etc.).
Pour vivre du métier, il faut avoir plusieurs contrats sur une année et multiplier les projets.
Dans certains cas, il arrive que l’on touche un pourcentage du prix du livre en droits d’auteurs, mais tous les éditeurs et/ou auteurs ne l’acceptent pas et ne le proposent pas d’emblée. Il faut généralement négocier ce droit d’auteur.

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